Quand le budget devient un jeu

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Dernières Nouvelles d’Alsace,le 24/10/2014 | PHOTO DNA

Le jeu, animé par Sthefania Araujo, a été pensé pour coller au plus près de la vie quotidienne, avec des situations et des montants tout à fait réalistes.

 

 

Gérer son argent et anticiper les imprévus sans être dans le rouge : l’exercice n’est pas toujours aisé. L’association Crésus proposait de s’y pencher de façon ludique, hier au centre socioculturel.

« Vous aurez un salaire de 1 200 euros, et vous ferez un parcours qui représente un mois. Vous pourrez vous divertir, mais vous aurez aussi des dilemmes. » Dilemme® , c’est justement le nom du jeu présenté hier après-midi par Sthéfania Araujo à une poignée de participants, au centre Arthur-Rimbaud. La jeune femme, étudiante en licence professionnelle en banque, est en apprentissage à l’association strasbourgeoise CRÉSUS, dont la vocation est de venir en aide aux personnes en difficulté budgétaire.

« Personne n’est à l’abri de problèmes financiers »

L’association a conçu ce jeu de plateau pour sensibiliser différents publics à la gestion de l’argent. Et dans ce domaine, tout le monde est concerné, à entendre Sthéfania : « Personne n’est à l’abri de problèmes financiers. Cela ne touche pas que les gens qui sont au RSA, au contraire : les banques prêtent aux plus riches, qui se surendettent. »

Alors pour éviter de franchir cette ligne rouge, mieux vaut avoir les bons réflexes dès le départ, sans pour autant se priver de tout : « À travers le jeu, vous verrez que l’on peut quand même se faire plaisir. Mais il peut y avoir des imprévus, comme des accidents nécessitant des réparations, une taxe qui tombe, un soin médical… », explique l’animatrice.

Des situations au plus près de celles que l’on rencontre dans la vie courante, avec des montants qui, là aussi, correspondent à la réalité : toutes les conditions sont réunies pour faire passer un message important de façon ludique.

Les participants se regroupent par équipes de deux, et reçoivent un tableau représentant leur budget, classé en charges fixes et charges courantes. L’occasion de rappeler la différence entre les dépenses auxquelles l’on ne peut se soustraire, et celles sur lesquelles on peut éventuellement rogner. Le jeu démarre par la distribution du salaire et d’un livret d’épargne. Chaque équipe pioche un projet (achat d’un scooter, d’une tablette, semaine de vacances) qu’il faudra essayer de financer en mettant de l’argent de côté, tout en gardant à l’esprit que celui-ci pourra servir à payer des choses plus urgentes.

Dès le deuxième tour, chacun peut décider de régler toutes ses charges d’un coup, de les échelonner ou de les garder pour la fin du mois.

Les habitudes de chacun ressortent : Sandrine reconnaît que sa priorité, chaque mois, est d’avoir « les placards ultra-remplis. Je préfère avoir trop que pas assez ». Nicolas, qui se définit lui-même comme un « flambeur », se montre étonnamment prudent tout au long du jeu et veille à régler ses dépenses avant de se faire plaisir.

Au détour d’une carte piochée, l’animatrice en profite pour rappeler les différents crédits que l’on peut contracter, ceux à éviter selon sa situation. « Avec un taux aux alentours de 20 %, le crédit renouvelable, les cartes de paiement proposées par les magasins, par exemple, est un vrai piège : sur 100 euros, vous payez 20 euros d’intérêt. Et c’est sans fin ! »

Le jeu, lui, se termine bien. À condition, comme dans la vie, d’être un peu plus fourmi que cigale.

 

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