Jouer pour apprendre à bien gérer son budget

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Dernières Nouvelles d’Alsace, le 21/10/2014 | PHOTO DNA

Le jeu bat son plein sous la conduite de Mme Johanna à la fois meneuse de jeu, arbitre et conseillère.

Le vendredi 17 octobre, dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère, l’Association Crésus a proposé à des élèves du Lycée Stanislas de Wissembourg, de participer à un atelier sur le jeu d’éducation budgétaire Dilemme. 

À cause de La crise, l’Association Crésus, venant en aide aux familles surendettées, constate d’année en année l’augmentation du nombre de familles touchées par de graves problèmes de trésorerie. C’est pourquoi, forte d’une expérience de 22 ans, l’association, en collaboration avec des acteurs du terrain, a conçu et lancé un jeu de gestion budgétaire, baptisé Dilemme.

Mettre de l’argent de côté et payer ses charges

Reprenant les principes du jeu de l’oie, il propose aux joueurs de gérer un budget. Tous les mois rentre un salaire, mais il y a aussi des charges à payer, fixes ou facultatives. Un mois est symbolisé par un tour du parcours, chaque fois que le pion passe par la case départ, tombe un nouveau salaire, mais il faut penser à payer les charges. L’argent en surplus, une fois les charges restantes déduites, est mis sur un livret rapportant des intérêts. Le pion, au gré des résultats des lancés de dés, avance de case en case qui, comme dans le jeu de l’oie, peuvent révéler des surprises agréables ou non. Tantôt apparaissent des dépenses imprévues, des réparations à effectuer, tantôt le joueur tombe sur des cases à questions, s’il répond bien aux questions touchant aux investissements et à la consommation, il peut obtenir des bonifications.

Le but est de mettre suffisamment d’argent de côté pour pouvoir réaliser un projet désigné par une carte tirée au hasard. Ainsi pouvait-il y avoir l’achat d’un scooter ou de matériel de ski. Tout au long du jeu, en achetant certains produits ou des billets de spectacle par exemple, le joueur pouvait obtenir des points-plaisirs, en fin de jeu il fallait en avoir au moins 10.

Ce jeu a été proposé à deux classes du lycée Stanislas, une seconde SES et une terminale ST2S faisant partie des classes suivies par M. Dalphrase. La classe de seconde SES, répartie en quatre équipes. Mme Johanna de l’Association Crésus, en meneuse de jeu, a dirigé et contrôlé l’ensemble. Le départ est timide, le temps de tâter les enjeux. Aïe : on a oublié de prendre une assurance, voilà de l’argent qui s’envole. Mais très vite les notions rentrent, les comportements deviennent plus prudents, on paye ses charges le plus tôt possible, on choisit bien ses achats pour obtenir assez de points-plaisirs sans trop dépenser. La plupart des élèves ont mis en place une stratégie. La pression monte, et Mme Johanna, de temps en temps, a calmé l’enthousiasme grandissant. Petit à petit tout le monde s’implique, voilà le jeu est lancé.

Former les consommateurs de demain

L’heure tourne, arrive le temps des comptes. Tout le monde vérifie son avoir. Le verdict tombe, ce sont les deux Elena, Mathilde, et Roxane qui sont en tête, arrivant à cumuler assez d’argent pour aller bien au-delà de leur objectif, tout en totalisant assez de point-plaisirs. Aucune autre équipe n’est arrivée à boucler son objectif, gestion hasardeuse, accumulation de problèmes : il y avait un peu de tout cela, comme dans la vraie vie.

L’après-midi, c’est une classe de terminale qui a pris le relais. Ici, l’attente des organisateurs était bien plus forte, puisqu’au terme de leur cursus scolaire, ils seront, pour beaucoup d’entre eux, confrontés professionnellement aux problèmes évoqués dans le jeu. Mais en fait, ce jeu n’est pas réservé aux seuls professionnels, il se veut avant tout « un outil pédagogique et ludique dont la vocation est de former les citoyennes et citoyens, les consommatrices et consommateurs de demain, pour leur éviter de se retrouver dans des situations extrêmes ». Une belle manière d’appréhender l’avenir.

 

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